Chronique pénurie de carburant : Evariste Ndayishimiye amuse la galerie en déclarant avoir soudoyé ses cadres qui gèrent le carburant

Ndayishimiye continue de régner sur ce vaste champ d'incompétence et de vol systématique et organisé, et veut se présenter comme un homme seul face à un système dysfonctionnel. Il ne semble pas percevoir l'ironie d'un chef qui se plaint de l'incompétence de ceux qu'il a lui-même nommés. Nomme-t-il ces imbéciles pour enfin venir jouer l'héro qui sillonne les différents départements pour sauver les affaires de l'État ? Quelle étrange logique si c'est bien ce qui se passe.

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on
5.4.2025
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Politique

Prend-il le temps de peser ses mots ? À chaque discours, il laisse son auditoire stupéfait par ses gaffes verbales et son manque de bienséance officielle. Le président burundais Evariste Ndayishimiye affirme avoir mis la main sur les malfrats qui sont à l'origine de la pénurie du carburant qui marque son septennat.

Pour débusquer les coupables de ce crime indescriptible, le chef de l'Etat burundais s'est fait passer pour Monsieur Tout le monde en dépêchant ses garçons pour aller demander du carburant en fraude au niveau de la SOPEBU.

Les gangsters de la SOPEBU  auraient eu le culot de leur demander une cagnotte de 4 millions de FBU avant de leur donner, à prix de 8.000 Fbu le litre (contre 4.000 Fbu) au prix officiel, 1000 litres d'essence. Le chef de l'Etat a amusé la galerie en déclarant qu'il a usé de tous ces subterfuges pour avoir des preuves accablantes à faire prévaloir devant la justice.

Selon le chef de l'Etat burundais, les cadres corrompus et inciviques de la  SOPEBU ont monté les enchères jusqu'à 50 millions de FBU à leur verser au préalable avant toute transaction au noir.

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Il sied d'ajouter qu'en guise de préalables, la SOPEBU demande aussi à celui qui l'approche d'avoir où stoker le carburant offert au noir car il ne transite sur aucune station-service. Plusieurs milliers de litres d'essence et de mazout ont donc échappé au circuit officiel de cette manière.

Evariste Ndayishimiye a raconté cet exploit en s'adressant aux opérateurs économiques burundais œuvrant particulièrement dans le secteur minier. Il leur a vanté ses qualités cachées en matière de renseignement.

« Moi j'ai des talents que personne ne me connaît, je suis expert en renseignement ; j'ai usé de mes talents pour débusquer ce réseau de trafiquant de carburant, j'ai constaté que la SOPEBU alimente le marché noir du carburant comme la BRB alimente le marché noir des devises, c'est terrible car nous avons affaire à des gangsters bien organisés », a déclaré le président burundais.

Chapeau ! Il est bien habile pour traquer les corrompus de son régime. Mais son aveu suscite plus de questions que d'émotion ou de satisfaction. D'abord parce qu'il enquête sur des cadres qu'il a lui-même placés. Ensuite parce que la plus  lourde sanction pour le malfrat malchanceux qui est attrapé la main dans le sac est d'être limogée. La justice reste le dernier de ses outils contre la corruption.

Si ce qu'il dit toujours de ses cadres est vrai, cela prouve une seule et unique chose : le président un recruteur pitoyable, incapable d'évaluer les compétences et le caractère de ses candidats aux hautes fonctions de l'Etat. Visiblement, le seul critère d'embauche est d'être hutu et membre du parti au pouvoir. Aucune autre vérification ne semble avoir lieu. Preuve en est : le président répète la même rengaine depuis cinq ans : ceux qu'il nomme par décret présidentiel se révèlent être des voleurs et des imbéciles incompétents. Quid du recruteur ? Est-il l' « imbécile en chef » incapable d'évaluer les compétences et le caractère de ceux qu'il embauche ?

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Enfin, parce qu'à l'instar de la peste dans « les animaux malades de la peste », c'est tous les cadres et agents générés par le système DD qui sont atteints.

Et Ndayishimiye continue de régner sur ce vaste champ d'incompétence et de vol systematique et organisé, et veut se présenter comme un homme seul face à un système dysfonctionnel. Il ne semble pas percevoir l'ironie d'un chef qui se plaint de l'incompétence de ceux qu'il a lui-même nommés. Nomme-t-il ces imbéciles pour enfin venir jouer l'héro qui sillonne les différents départements pour sauver les affaires de l'État ? Quelle étrange logique si c'est bien ce qui se passe.

Le chef de l'Etat s'en étonne parfois, avouant que c'est le seul homme normal et attaché à l'intérêt général. Sauf que, là aussi, il fait abstraction de la corruption dont sa propre épouse, First Lady, est auteur ou commanditaire. La gangrène est intégrale !

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